Ivy et la musique

Ivy en musique

Ivy a suivi un parcours musical atypique : d’abord fan de chanson française dans sa plus tendre enfance (à 7 ans, il interprète Moustaki devant l’école), il découvre le rock à l’adolescence puis le punk. Ado, il fonde plusieurs groupes : Space, Knassa, Fox et surtout H.E.L.F.O.X. qu’il a promené de la Beauce à Montmagny, de Saint-Léon de Standon à Québec. À cette époque, Ivy présentait un hybride difficilement classable, qq part entre Kiss et Ange.

Au cégep, il rencontre Reggie qui aura dans sa vie une influence déterminante. Alors que Nirvana fait rage, Reggie l’initie à Velvet Underground, Tom Waits et The Pogues. Ensemble, armés de guitares, il vont devenir Ivy et Reggie, phénomène musical folk-punk-intello qui, à bien des égards, ressemble à un velvet underground folk. Chafik - alors Mathieu Farhoud - s’enthousiasmera pour leurs textes et jouera un temps avec eux. 6 ans avant les Cowboys Fringants, ils vont populariser partout en région une folk engagée intelligente et sans compromis.

Ivy se lance en solo à la fin des années 90 : avec Chafik, Alexandre Bellegarde et Alain Mercure, il gagne les Francouvertes en 1997 et lance Feux-fuyants sur fond d’amour noir, un premier disque solo indépendant en 1999 qui est assez mal accueillit, sinon ignoré - étonnamment, il vieillit bien. Ivy joue un temps avec les musiciens de Brak Molotov pour se retrouver à nouveau seul en Belgique et en France au début des années 2000. Il participe à Petite-Vallée où il termine finaliste.

Pendant ces années, Ivy est manifestement en quête de quelque chose : il travaille et retravaille des arrangements, modifiant sans cesse les chansons. On l’aurait cru fou et bien des gens d’abord attirés par son .énergie se découragent devant son incertitude. À ce moment, Reggie revient dans le décor et Ivy, sous les conseils de Richard Desjardins, relance l’aventure Ivy et Reggie. Un disque paraît en 2002, toujours indépendant. Malgré de nombreux spectacles, l’industrie boude toujours les deux compères qui, eux, se sentent à l’étroit dans une formule qui devient, justement, de plus en plus une formule. Le duo se sépare à nouveau en 2003 et Ivy lance avec André Daneau, un nouveau projet qui surfe sur l’énergie du duo et auquel se joint pour un temps Philippe Brault. Ce projet s’appellera ADO TCHAMO.

André Daneau, que Ivy a rencontré alors qu’il jouait avec Nathalie Lessard, son âme-soeur en poésie (il y aurait long à écrire sur leur relation…), est un harmoniciste-podorythmiste d’un rare talent et éhonteusement méconnu. Il trafique les harmos, donne à la podorythmie des rythmes jusque-là impensables et fait du beat-box comme s’il était né à Harlem. Ensemble, ils ont voyagé de Nashville à Sudbury, de San Diégo à Paris, et écumer plus d’une scène québécoise.

En 2004, découragé, Ivy, pour la première fois de sa vie, songe, moins à abandonner la musique que ce qu’il attend d’elle : reconnaissance, partage, compréhension. Moins de trois mois plus tard, il participe aux finales de slam et, comme on le sait, sa vie s’en trouvera à jamais changée.

Si les styles de musique ont beaucoup variés, les paroles, revendicatrices et/ou poétiques, suivent depuis plusieurs années la même ligne directrice : faire réagir, ouvrir la conscience ou tout simplement, emmener ailleurs. Toutefois, la folk a été et de loin, le genre le plus exploité.

Côté instrument, Ivy a commencé par la flûte, puis le chant. Ensuite il s’est adonné au piano, puis au tuba dans l’harmonie de son école secondaire. Mais c’est la guitare qui deviendra son instrument de prédilection et sur lequel il a composé la presque totalité de son œuvre musicale.

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