Brève histoire du slam
LE SLAM, un show, une philosophie ———-SURVOL
Le SLAM
Né il y a plus de 20 ans à Chicago, le slam dépoussière les soirées traditionnelles de poésie, dynamise le verbe et place la performance au premier plan. Genre oratoire à part entière, le slam est devenu, partout où il s’est imposé, un phénomène médiatique et populaire. Et pour cause, confronté au public qui vote pour sa performance, le poète doit user de stratégies poétiques pour le mettre dans sa poche, et ce, sans le recours à aucun accessoire ni musique ni costume et dans un laps de temps n’excédant pas trois minutes au chrono. Ces soirées de slam poésie se tiennent généralement à l’intérieur d’une fédération ou d’une ligue. La France, les USA et le Canada anglais ont la leur; avec la fondation de Slamontréal en septembre 2006, puis celle de la LIQS (Ligue Québécoise de Slam) en janvier 2007, le Québec francophone entre dans l’arène slam. Notons enfin qu’un genre, voire un esprit slam s’est développé, notamment en France, de sorte qu’il existe aujourd’hui des phénomènes extérieurs à la joute proprement dite – Grand Corps Malade en est un bon exemple.
La poésie
Le slam démocratise en quelque sorte la poésie et resitue ses enjeux en la confrontant à l’approbation populaire. Genre littéraire hermétique, en montant sur scène, la poésie devient spectaculaire et orale. Sa puissance évocatrice, son engagement inhérent, son travail sur la langue s’assurent d’un chemin plus immédiat dans le public et, in extensio, dans la société. Par la voix des slameurs, la poésie retrouve sa force d’action primitive et le public renoue avec la célébration. Si, en poésie, le public doit entrer dans le monde du poète, en slam c’est exactement le contraire : c’est au poète de rentrer dans le monde, littéralement et au figuré.

