Des ateliers, des conférences, IVY en a donné des centaines…  Il maîtrise cet art de la parole et la transmet passionnément aux autres.

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Marc Smith ne le répétera jamais assez : au cœur du poetry slam – ultime finalité de la poésie orale – est le public. C’est pour lui que le poète monte sur scène; en pensant à lui qu’il assemble ses vers; dans le but de le toucher, de le provoquer, de le surprendre et de l’émouvoir qu’il sort l’artillerie du langage et élabore sa performance. Souci de l’autre, stratégie de séduction, engagement à ouvrir sa conscience – engagement surtout puisque soumis à la réaction du public, le poète s’essaie à raviver l’étincelle de la poésie – l’art du poetry slam procède de celui qui le reçoit.

Pour développer cet art, on doit tenir compte de l’écriture poétique et du spectacle.

En atelier, ce qui est en jeu, c’est l’aptitude de l’animateur à créer les circonstances idéales pour que l’inclinaison à la poésie, intrinsèque à la maîtrise de la langue, s’impose aux participants. Que les enjeux fondamentaux et modernes de la poésie se transforment en outils pratiques. Que les participants arrivent à combiner urgence de dire et d’écrire avec spectacle et écriture. Car en poésie, on ne s’exprime pas : on file du sens. On transforme la vie affective, émotive, la vie profonde en discours poétique agissant. La poésie, ce droit que nous avons chacun de faire sens, devient spectacle communicable et sa force s’impose bien au-delà de l’atelier. D’abord réticent à donner des ateliers auprès d’élèves du secondaire (IV et V) – je n’avais en effet aucun bon souvenir de cette période de ma vie – j’ai découvert auprès d’eux, non seulement une confirmation de ce que je développe depuis une dizaine d’années, mais une touchante et étonnante faculté de se dévoiler en poésie. Comme si en combinant l’écriture poétique et le spectacle, on ouvrait une porte jusque-là condamnée : celle du pouvoir que nous possédons chacun de se révéler dans le langage par le truchement du traitement poétique.

La poésie ne peut plus être considérée comme un genre littéraire, mais comme une approche, une disposition au monde, une vision, voire un angle de recherche indissociable du langage humain. Et si le poème est l’apanage du poète, la poésie n’y est plus strictement soumise. Elle devient un outil de guérison.

Outil : le mot est lâché. Un atelier portant sur le slam de poésie vise à donner des outils pour travailler le médium linguistique, porteur d’affects, mais saisissant agent de communication. Il approfondit dans un premier temps l’écriture : rapport à l’écrit, intention, abandon, fonction et statut du mot en poésie, poème et discours, images, définitions, etc. Ces notions, amalgamées à un survol historique du slam, servent à dérouter les participants, à leur faire lâcher prise sur ce qu’il croit connaître, les amenant à reconnaître leur force, mais aussi leur vulnérabilité, devant le langage. S’approprier les mots, c’est aussi leur faire de la place. Dans un second temps (idéalement dans un deuxième atelier), on aborde l’aspect de l’oralité, de la performance, du spectacle. Donc : interprétation, exigences du poème vs celles du spectacle, pose de voix, exercices, etc. Le tout se concluant dans un troisième temps par une participation à un véritable slam de poésie.