On retrouve ici l'information concernant le SLAM, notamment à Montréal. Ivy y est pour beaucoup puisqu'on lui doit la création de la première scène de slam de poésie francophone au Québec - qu'il anime toujours le 2e lundi de chaque mois à l'O Patro Vys. Il a également fondé SLAMONTRÉAL (qui produit des événements slams) et la Ligue Québécoise de Slam - qui compte aujourd'hui 4 villes : Montréal, Québec, Gatineau et Sherbrooke. Il chapeaute aussi un ensemble d'initiatives SLAMS dépassant le strict cadre de la joute classique, comprenant entre autres les spectacles entourant son disque SLAMÉRICA. Il est aussi producteur et directeur artistique du Grand slam Québécois. POUR INSCRIPTION et/ou INFORMATIONS concernant les SLAMS DE POÉSIE à l'O Patro Vys, cliquez ici POUR LIRE LE BLOGUE Du Slam à Cholette, blogue officiel de Slamontréal, Cliquez ici Pour en savoir plus sur les événements SLAMS à Montréal, écrivez à IVY. PLUS D'INFOS SUR LES ATELIERS SLAMS ? Voir ATELIERS dans le MENU d'accueil. LE SLAM, un show, une philosophie ----------SURVOL Le SLAM
La poésie
UN SLAM DE POÉSIE est un concept de soirée de poésie mis au point par Marc Smith à la fin des années 80. Le but de ce spectacle est de réunir les poètes autour de la poésie et de consolider, maximiser la relation avec le public. Sur cette scène, au moins 6 poètes slament à tour de rôle leur création en moins de 3 minutes, sans aucun accessoire (sinon les feuilles pour certains). Leur performance est jugée par des membres du public choisis au hasard. Le gagnant s'assurent une place en semis-finales locales et se mérite un prix symbolique. La plupart du temps, il y a un animateur et des interactions chouettes, parfois musclées - spectacle, alcool et adrénaline obligeant. Si aucun style n'est privilégié, et que tout est acceptable en poésie, en termes de choix de mots et d'esthétique, il n'en demeure pas moins qu'un slam de poésie met l'accent sur l'impact avec le public. Les participants ont tout intérêt à slamer pour le public qui lui renvoie la balle. SLAM, son développement en France et ses conséquences : dès la fin des années 90, des scènes dérivées des SLAMS de poésie commencent à émerger à Paris. Dissensions avec la fédération française ? Ignorance ou négligence ? Enthousiasme et jeunesse ? Absence de scènes ouvertes en poésie ? Peut-être un peu de tout ça. Dans cette société européenne toujours fortement hiérarchisée, la jeunesse, la poésie du peuple en général se trouvait sans doute à l'étroit dans le genre poétique. Et avec la grande popularité et la richesse du RAP français, il est normal qu'on ait voulu offrir des lieux pour faire entendre la parole plus subtile de toute une jeunesse. Même si le SLAM à la base n'a rien à voir avec le RAP - c'est un mouvement poétique inspiré du folk (je tiens cette révélation de Marc Smith lui-même lors de son séjour à Montréal en septembre dernier pendant le Grand Slam où je l'avais invité), il semble que le mouvement hip-hop ait favorisé ce retour massif vers la poésie orale. Toujours est-il que ces scènes ouvertes, inspirées des slams de poésie ont gagné en popularité. On a appelé cette façon de présenter ces scènes du SLAM et on a même poussé le pastiche jusqu'à introduire des «règles» sympathiques, qui pourtant sont de flagrants emprunts au Slam de poésie : plus ou moins 3 minutes, sans accessoire, et, exception à la française oblige : 1 poème dit = une consommation gratuite (comme quoi, les soifards ont intérêt à en écrire des poèmes). Avec l'arrivée de Grand Corps Malade comme superstar d'un genre musicalo-poétique qu'on a associé au SLAM, on peut dire qu'une méprise est en train de se répandre, je dirais à son corps défendant. Car le SLAM, à la base n'est pas un genre, musical ou textuel, c'est même plutôt le contraire : c'est une formule de soirée de poésie qui permet à tous les genres de s'exprimer. Même si GCM martèle que son disque n'est pas du slam et, a fortiori, que le slam, c'est une bouche qui parle et des oreilles qui prennent, de plus en plus de gens croient qu'il faut rimer pour faire SLAM. Beaucoup en viennent même à croire que le SLAM, c'est du RAP soft. Véhiculer ce genre d'idées est non seulement erroné, mais triste, car ça revient à faire du SLAM ce que le SLAM n'est pas : c-a-d, une façon de faire de la poésie. C'est de la poésie orale bien sûr, qui exploite le spectacle et les stratégies qui en découlent, mais il n'y a pas de façon de faire slam. Grand Corps Malade est d'ailleurs le premier à le reconnaître. Personnellement, je ne suis pas un ayatollah des slams de poésie. S'il ont fait des petits et que ce SLAM nouveau genre attire des gens vers la poésie, tant mieux. Je tiens pourtant à ce que les slams de poésie et les autres initiatives slams - je rappelle quand même qu'il n'y a qu'en France où le slam ait connu cette mutation - convergent vers le même but et travaillent dans le même sens. La gueguerre GCM-Pilot le Hot - tournoi versus slam libre - n'a pas sa place au québec, à mon avis, car le contexte est différent. Depuis longtemps nous avons des scènes ouvertes et d'importants événements poétiques courus, sans compter que notre société n'est absolument pas hiérarchisée et que nous sommes en Amérique. Cependant, je tiens à ce que le « SLAM à la française » coexiste avec les slams de poésie - que se côtoient par ailleurs une multitude d'événements dans l'esprit slam - et que tous ceux qui sont intéressés par le slam ne négligent pas le slam de poésie qui est la source de ce mouvement.. Rappelons que le SLAM (french style) et le SLAM POETRY PARTAGENT LA MÊME VISÉE, et elle est double : réunir tous les styles de poètes autour de la poésie, et propager l'idée que nous sommes tous porteurs de poésie (voir le texte plus bas). Toutefois, il n'y a que le SLAM POETRY qui traduise le véritable enjeu du mot slam (impact) : permettre au public de dire ce qu'il pense de la poésie (ceci s'exprime par des vivas ou des huées, mais aussi et surtout par des points attribués aux performances. L'avantage est d'encourager les poètes à se rapprocher des gens, car le public n'est pas tenu, comme dans le french style à encourager les poètes). Ceci est plus qu'un détail : la joute permet réellement aux poètes de s'améliorer en ayant le pouls du public. N'oublions jamais que le but de Marc Smith n'était pas de démocratiser la poésie, mais de faire un bon show de poésie. Un crisse de bon show. LE GRAND SLAM DE POÉSIE: Le Grand Slam de poésie, c’est l’événement le plus couru du monde slam : il s’agit du festival annuel qui réunit les vainqueurs des slams réglementaires tenus dans l’année, sur un territoire donné. Actuellement, il n'existe que deux équipes dans la LIGUE QUÉBÉCOISE DE SLAM, organisme très efficace quoique tout nouveau que j'ai fondé pour encadrer les équipes de slams issues des soirées mensuelles. Pour le moment, seulement deux villes sont représentées : Québec (SlamCap) et Montréal (Slamontréal). Mais ici et là, on sent l'envie de faire de même à Trois-Rivières, notamment, en Outaouais et à Sherbrooke. Quiconque se sent d'attaque peut lancer un slam de poésie mensuel et demander à être reconnu par la LIQS. Pour ce faire, encore une fois, il n'a qu'à entrer en contact avec moi.. Slameurs et poètes (D'après l'article que j'ai publié dans la revue EXIT, no 47, juin 2007) Le poème est un événement qui s’inscrit dans une tradition littéraire qui l’accueille et le caractérise. En Occident, c’est un phénomène essentiellement écrit. Fruit du travail d’un spécialiste du genre qu’on appelle le poète, il met en jeu une sensibilité singulière. De la parole galvaudée et commune, celle du poète sort du lot et se personnalise. On peut donc dire sans trop se tromper que la spécificité du poème (et du poète) est de singulariser la parole, tout en proposant une réflexion sur le matériau lui-même, à savoir la langue. Jusqu’à tout récemment, le poète et son objet, le poème, avaient l’exclusive juridiction (si l’on peut dire) en cette matière. Bien plus : leur empire s’étendait à la poésie. Or l’avènement des slameurs concrétise une intuition que j’avais et que j’ai exprimée il y a dix ans , à savoir que la poésie n’est pas et n’a pas à être confinée au phénomène littéraire. C’est un état, propre à l’humain, qui se caractérise par une liberté totale de faire sens (entre autres, j’y reviens plus loin). Pas besoin d’être praticien du poème pour ça. Le slameur en fait la magistrale démonstration.
Quand un slameur s’exécute, une sorte d’onde se propage : les jeux de mots se développent et débordent le cadre de la littérature écrite. Ça devient une performance, un exploit sportif, ça suscite l’étonnement et la joie communicatrice. C’est un RAVE de mots : le fait de prendre conscience du glissement du sens et de se laisser glisser avec le performeur suscite un enthousiasme fou. À ce sujet, il est révélateur de souligner que pour Paul Valéry, « l’enthousiasme n’est pas un état d’écrivain ». Et il a raison. L’enthousiasme est l’état de la poésie (et non du poème qui appartient à la littérature écrite), et donc à la portée de tous. Tous ceux qui ressentent ce que glisser (slamer) veut dire – le banal glissement de sens comme dans les jeux de mots – se sentent tout à coup solidaires du slameur. On glisse d’une réalité à l’autre. Métalepse Genettienne, transgression de la convention littéraire de la narration, l’audible (qui désacralise le silence) trompe l’indicible (propre au sacré) différé de la lecture et de l’écriture. Le glissement oral actualise le réel en passant d’une porte (sémantique) à l’autre. L’idée à retenir c’est que l’acte du poète et son but sont différents de ceux du slameur, mais chacun contribue à l’augmentation de l’ÉTAT POÉTIQUE PARTAGÉ PAR TOUS – cette liberté totale de débusquer le sens. La différence s’établit aussi dans l’intention : slamer la poésie, c’est obligatoirement collectif. C’est un happening et il appartient à l’oralité. Lu, l’effet qu’il produit est amoindri – demandez ce que les poètes pensent des textes de Grand Corps Malade… La poésie écrite, parfois même oralisée (ex : Festival International de poésie de TR), parle avant tout du JE. C’est un acte solitaire d’écriture, ce qui explique le peu d’intérêt manifesté par beaucoup de poètes pour l’interprétation. Si Platon, qui était encore conscient du pouvoir originel de la poésie et se rendait compte du danger que représentait pour la structure de la république le libre jeu de son énergie, adoptait la solution franche de tout simplement bannir les poètes de la cité, les sociétés modernes ont inventé des méthodes beaucoup plus subtiles et tout compte fait plus efficaces. Elles ont […] intégré le poète à la société au titre de « cas spécial », et la poésie à l'idéologie de cette société. La façon dont, à quelques exceptions près, la poésie est « enseignée » dans les écoles, la façon dont elle est ensevelie dans les universités, la manière enfin dont elle est caricaturée partout attestent suffisamment le succès de cette annihilation bienveillante. Si vous ajoutez à l'escamotage quasi systématique de la poésie le fait que vivre poétiquement, ce qui ne veut pas dire en « artiste bohème », est dans l'état actuel des choses extrêmement difficile, et que peu sont tentés par de telles difficultés, personne ne s'étonnera de constater que la poésie n'est pas un élément moteur de notre monde et qu'elle est socialement, culturellement inopérante. Groupe dédié à l’organisation des soirées de SLAM poésie mensuelle en français à Montréal. Jonathan jonas Lafleur, Bertrand Laverdure et Catherine Cormier-Larose sont les autres membres fondateurs. La classique soirée SLAM où poètes, slameurs, performeurs s’affrontent à l’amiable et sont jugés par le public et où le gagnant accède automatiquement aux semi-finales locales par opposition à un showcase de slameurs où il n’y a pas de pointage, ni compétition. Dans une conférence prononcée au CEULA, à l’université Laval.
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